
Par Simon Roduit | Photo : DR
Lors d’une rencontre de préparation au baptême adulte, l’un des catéchumènes qui recevra les sacrements d’initiation à Pâques cette année me pose une question qui m’interpelle : « Pourquoi est-ce que les baptêmes des adultes ont lieu à Pâques et pas à Noël ? »
En effet, cette fête qui commémore la naissance de Jésus pourrait convenir à la naissance d’un homme à la vie d’enfant de Dieu. Je tente de chercher avec lui une raison à cela… Si le baptême chrétien était célébré à Noël, la symbolique de la naissance à une vie nouvelle serait bien mise en valeur ; mais qu’en serait-il de la dimension de mort au péché, de changement de vie, si bien signifiée par la fête de Pâques – passage de la mort à la résurrection avec le Christ ?
La réflexion sur la mort au péché et le renoncement à sa vie ancienne est intéressante pour un catéchumène qui se prépare au baptême durant le temps du Carême, mais aussi pour tout chrétien qui renouvelle les promesses de son baptême chaque année lors de la Veillée pascale. Le temps du Carême est comme un « catéchuménat-pour-tous », une invitation annuelle à quitter l’homme ancien pour revêtir l’homme nouveau (Cf Ep 4, 22-24). Ainsi, le temps du Carême nous propose des actions concrètes comme le jeûne et l’aumône, pour s’entraîner à se détourner de ses actions mauvaises et à accomplir la volonté de Dieu. Mais ces actions concrètes ne seraient rien sans la prière, cette relation amicale et transformante avec le Créateur de tout bien, qui manifeste à Dieu notre désir de faire sa volonté, notre disponibilité à la conversion.
Chaque année, le temps du Carême arrive avec le printemps, et nous voyons la nature qui renaît, les bourgeons qui éclosent, laissant tomber par terre une enveloppe morte qui les avait protégés du froid hivernal pour laisser émerger une fleur et ses couleurs. La liturgie nous invite à ne pas nous réjouir au même rythme que toutes les fleurs précoces, mais à laisser grandir le désir de cette éclosion spirituelle jusqu’à la fête de Pâques. Nous savons combien quelque chose qui a été désiré longuement est d’autant plus apprécié – la venue d’un enfant, l’ascension d’un sommet difficile, l’obtention d’un travail tant cherché. Ainsi la prière durant le temps du Carême nous permet de creuser en nous le désir de Dieu pour mieux recevoir sa vie à Pâques.
Comme le catéchuménat est le temps où le désir du baptême grandit, le Carême est pour tous le temps du long désir, qui nous permet par les œuvres concrètes de mourir à nous-même, mais aussi par la prière de nous préparer à recevoir la vie nouvelle du Christ ressuscité.
